changer sa vie

J'y suis ! en plein dedans ! dans la concrétisation de ce changement de vie tant désiré.

Je viens d'être intégrée à un CAP Blanc avec le reste de l'équipe, le but de l'exercice étant de nous mettre en conditions d'examen afin de le désacraliser. Seulement voilà, j'ai très mal vécu cette option car j'étais dans la période de découverte de ce nouveau métier , tout était beau, tout était neuf. J'ai vécu cet exercice comme un deuxieme bouleversement : en effet j'ai ressenti la fracture ; Avant, nous aprenions et travaillions dans une ambiance bon enfant. On se levait, on discutait, on faisait des pauses… Soudain, avec cet exercice chacune s’est retrouvée dans l'action, la rapidité, la révision,  le silence..et cette pression ....je l'ai vécue comme une petite mort. Je me suis dit : "je ne vais pas pouvoir passer ces 3 journées entières comme ça"

Des interrogations existentielles se sont greffées sur mon projet de bifurcation professionnelle et ce changement de cap ; N’y avait-t-il pas un risque à attendre autant d’un changement ? Se trouver soi-même en changeant de métier ou de lieu de vie relève peut-être de l’illusion? À trop espérer, à trop s’investir (la distance ) j'ai ressenti cela . « comme dans une histoire d’amour, Au début, tout est beau, tout est rose. On idéalise sa nouvelle vie, on en nie les défauts, on se dit que c’est la plus belle chose qui nous soit arrivée. Puis vient le moment de la désillusion.

Rien ne va plus, l’argent ne va pas rentrer si facilement, le métier n’est pas si réjouissant !

Le désir de changement se révèle donc plus complexe que je ne le préssentais et fondamentalement ambivalent. J'oscille entre défection et engagement, entre angoisse et exaltation, ce qui implique que j'hésite entre la persévérance et la rétractation dans mon projet de reconversion.

Il parait que statisitquement nous sommes 74 % à songer à se reconvertir. Certains sociologues y voient une stratégie défensive face à l’insécurité de l’emploi Le désir de fuite semble donc être la chose la mieux partagée. La crise économique actuelle, loin de décourager les aspirants au changement, semble même précipiter les réorientations professionnelles volontaires.

La reconversion serait  elle devenue un mouvement social ?

La reconversion c'est en fait la réalisation de soi qui prime sur le projet professionnel . ce travail sur soi a un revers. Il est susceptible de provoquer un repli ou une dépression. On se sent en quelque sorte " obligés d’être libres et de réussir" si nous avons un sentiment d'échec ce fameux mouvement social n'hésite pas à considérer que nous sommes la cause de notre propre malheur si nous n’y parvenons pas », souligne Alain Ehrenberg, auteur de La Fatigue d’être soi 

Cette face sombre du changement de vie, qui s’en soucie au final ?

Les crises se succèdent, on s’énerve, on pleure, on désespère. Il faut rompre à nouveau, admettre qu’on s’est peut être trompé, revenir en arrière même . Ou alors, il faut prendre la décision de s’engager réellement, en connaissance de cause, et accepter qu’à la phase initiale de passion aveugle succède une phase de maturation vers un projet professionnel raisonnable pour les autres et acceptable pour soi. »